Le port de la perruque de la femme
en cas de perte de cheveux
Question :
Question d’une sœur de France :
As-Salam ‘alaykoum wa rahmatoullah wa barakatouh. Noble cheikh, qu’Allah soit bienfaisant envers vous et qu’IL bénisse vos efforts. Pourriez-vous répondre à ma question ci-dessous ? BarakAllahou fikoum :
Je suis une femme atteinte d’alopécie (dégarnissement) à l’avant de la tête, alors qu’auparavant j’avais beaucoup de cheveux. Suis-je autorisée à porter une perruque pour cacher ce défaut devant mon mari ?
En effet, depuis 15 ans de mariage, je porte constamment un bandeau ou un foulard pour le dissimuler. Il lui est arrivé une fois de me voir dans cet état, et j’ai ressenti du dégoût de sa part.
Je commence à ne plus supporter de devoir porter en permanence un foulard pour cacher ce défaut, et je ressens même des migraines liées à cela.
Barak Allahou fikoum pour votre réponse, in cha Allah.
Résumé de la réponse :
Dans votre cas, si cela est accessible financièrement et médicalement, la solution la plus recommandée serait la greffe capillaire ou le recours à un traitement dermatologique fiable. Cela constitue un retour à l’état normal sans exagération, et est considéré comme un soin médical licite.
Par ailleurs, il est fortement conseillé de prendre en charge le stress, qui est l’une des causes principales de la perte de cheveux. Le soin spirituel, psychologique et médical du stress est une part importante du traitement global.
Réponse :
Wa ‘alaykoum as-salām wa rahmatoullāh wa barakātouh,
Qu’Allah vous apaise, vous guérisse et vous accorde la patience dans cette épreuve.
Le principe général est l’interdiction de changer la création d’Allah sans nécessité.
Les savants expliquent que cette interdiction vise les cas où il y a tromperie (comme dans le mariage) ou modification injustifiée de la création d’Allâh, uniquement pour l’embellissement mondain.
Allah ﷻ dit à propos de Chaytân :
وَلَآمُرَنَّهُمْ فَلَيُغَيِّرُنَّ خَلْقَ اللَّهِ
(Sourate An-Nissâ, verset 119)
{ Je leur commanderai, et ils changeront la création d’Allah.}
Ce verset indique que le changement injustifié de la création d’Allah est une des ruses du diable. Cela inclut les modifications corporelles purement esthétiques, sans nécessité médicale ou réelle.
Le Prophète ﷺ a dit : « Allah a maudit les tatoueuses et celles qui se font tatouer, celles qui épilent leurs sourcils et celles qui se les font épiler, celles qui se font limer les dents pour paraître plus belles, modifiant ainsi la création d’Allah. » (Al-Boukhârî n°4886 et Mouslim n°2125)
Ce hadith illustre la gravité des transformations du corps motivées uniquement par la recherche de beauté, sans défaut ou préjudice manifeste.
Cependant, une exception est admise lorsqu’il s’agit de corriger un défaut ou de traiter un préjudice manifeste.
Les cas autorisés incluent :
• Malformation ou défaut visible affectant la santé ou la dignité,
• Brûlures ou séquelles graves,
• Correction d’un traumatisme ou traitement médical, pour retrouver l’état naturel initial, et non pas améliorer ce qui est déjà normal.
Il est important de souligner que, selon la tradition islamique, les cheveux longs font partie intégrante de la beauté naturelle de la femme et sont un signe distinctif. La calvitie chez l’homme, en revanche, est souvent considérée comme un état naturel et non un défaut, ce qui distingue ces deux cas dans la législation islamique.
Dans votre cas, si cela est accessible financièrement et médicalement, la solution la plus recommandée serait la greffe capillaire ou le recours à un traitement dermatologique fiable. Cela constitue un retour à l’état normal sans exagération, et est considéré comme un soin médical licite.
Le Conseil de Jurisprudence Islamique (Organisation de la Conférence Islamique, 18ᵉ session, Malaisie, 2007) a statué que font partie des actes esthétiques permis : « …la greffe de cheveux en cas de chute, notamment pour la femme. »
Par ailleurs, il est fortement conseillé de prendre en charge le stress, qui est l’une des causes principales de la perte de cheveux. Le soin spirituel, psychologique et médical du stress est une part importante du traitement global.
Quant à la perruque, elle est de base interdite dans les cas d’embellissement artificiel.
Le Prophète ﷺ a dit : « Allah a maudit celle qui rallonge les cheveux et celle à qui on les rallonge. » (Al-Boukhârî n°5935 et Mouslim n°2122)
Mais dans une situation exceptionnelle comme la vôtre, certains savants ont autorisé son usage chez soi, sans exposition publique.
Cheikh Al ‘Outhaymîn رحمه الله a été questionné au sujet d’une femme ayant perdu ses cheveux suite à un traitement, et qui refusait la perruque par crainte de l’interdiction.
Il répondit : « L’utilisation de la perruque dans une situation telle que celle qu’elle a décrite, où les cheveux sont tombés d’une manière qui ne laisse pas espérer leur repousse, nous disons : dans ce cas, il n’y a pas de mal à porter une perruque. Car, en réalité, ce n’est pas pour ajouter une parure, mais pour supprimer un défaut. Ainsi, cela n’entre pas dans le cas de l’extension capillaire au sujet de laquelle le Prophète ﷺ a maudit celle qui la fait et celle qui la demande, comme dans le hadith : « Il a maudit celle qui fait les rallonges et celle qui les fait faire. » La « rallonge » désigne celle qui ajoute à ses cheveux quelque chose. Mais cette femme, en vérité, ne ressemble pas à celle qui pratique la rallonge, car elle ne cherche pas à ajouter un embellissement ou un surplus à la chevelure qu’Allah, exalté soit-Il, lui a créée. Elle veut seulement corriger un défaut survenu. Cela ne pose donc pas de problème, car cela relève de la suppression d’un défaut et non de l’ajout d’une parure. Et il y a une différence entre les deux cas. » (Fin de citation du site officiel de Cheikh Al ‘Outhaymîn رحمه الله).
Toutefois, Allah ﷻ est Le plus savant.
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