Différence entre dropshipping et bay‘ as-salam
Question :
As-Salam ‘alaykoum wa rahmatoullah wa barakatouh. Noble cheikh, qu’Allah soit bienfaisant envers vous et qu’IL bénisse vos efforts. Pourriez-vous répondre à ma question ci-dessous ? BarakAllahou fikoum :
J’ai ecouté cette extrait : https://youtu.be/2p2JJ3_Gpnw et je ne comprends toujours pas pourquoi le drop shipping est illicite et la différence avec la vente salam ?
Résumé de la réponse :
Le bay‘ as-salam et le dropshipping ne sont pas équivalents. Le dropshipping classique consiste généralement à vendre un produit que le vendeur ne possède pas encore et dont il n’a pas pris possession, ce qui entre dans l’interdiction de vendre ce que l’on ne possède pas.
Le bay‘ as-salam, quant à lui, est une exception légiférée avec des conditions strictes : paiement intégral à l’avance, marchandise précisément décrite, délai de livraison connu et respect des règles de prise de possession (qabdh).
Ainsi, le salam est un contrat autorisé sous conditions, tandis que le dropshipping classique demeure problématique car il repose souvent sur la vente d’un bien non possédé et non réceptionné par le vendeur.
Réponse :
Wa ‘alaykoum as-salām wa rahmatoullāh wa barakātouh,
La différence entre le bay‘ as-salam et le dropshipping est fondamentale, même si certaines personnes les confondent parce que, dans les deux cas, la livraison du bien intervient après le paiement.
Dans le dropshipping, le vendeur propose un produit à la vente comme s’il était le sien, puis, une fois la commande reçue et encaissée, il achète lui-même ce produit auprès d’un fournisseur qui l’expédie directement au client.
Le vendeur ne possède donc pas le bien au moment de la vente et n’en prend généralement jamais possession.
De plus, il n’est généralement pas précisé au client que le vendeur ne détient pas lui-même la marchandise. La nature réelle de l’opération n’est donc pas celle qui apparaît dans le contrat.
Or, le Prophète ﷺ a interdit de vendre ce que l’on ne possède pas. Hakîm ibn Hizâm رضي الله عنه a dit :
قُلْتُ: يَا رَسُولَ اللَّهِ، يَأْتِينِي الرَّجُلُ فَيُرِيدُ مِنِّي الْبَيْعَ لَيْسَ عِنْدِي، أَفَأَبْتَاعُهُ لَهُ مِنَ السُّوقِ؟
فَقَالَ: لَا تَبِعْ مَا لَيْسَ عِنْدَكَ
( Je dis : Ô Messager d’Allah, un homme vient me demander une marchandise que je ne possède pas ; puis-je l’acheter au marché pour lui ? Il répondit : Ne vends pas ce que tu ne possèdes pas.) Rapporté par Ahmad (n° 15399), Abou Dâwoud (n° 3503), At-Tirmidhî (n° 1232) et authentifié par Al-Albânî.
À cela s’ajoute la condition du qabdh (prise de possession). Celui qui achète une marchandise ne peut pas la revendre avant d’en avoir pris possession conformément aux textes rapportés du Prophète ﷺ.
Concernant le bay‘ as-salam, il s’agit au contraire d’un contrat spécifique autorisé par la Charia, constituant une exception à la règle générale.
Toutes ses conditions doivent être réunies :
– le prix est payé intégralement au moment du contrat ;br>
– la marchandise est parfaitement décrite ;
– la date de livraison est connue ;
– le bien fait partie des biens pouvant être vendus par salam ;
– et surtout, lorsque le vendeur reçoit ensuite la marchandise, il ne peut pas la revendre avant d’en avoir pris possession conformément aux règles du qabdh.
Ainsi, le salam n’est pas une autorisation générale de vendre ce que l’on ne possède pas. C’est une exception légiférée avec des conditions précises.
Une autre différence importante est que dans le salam, les parties savent exactement qu’il s’agit d’une vente à terme où le bien sera fourni ultérieurement.
Le contrat est construit dès le départ sur cette réalité. Dans le dropshipping classique, le client croit généralement acheter un produit déjà détenu ou maîtrisé par le vendeur, alors qu’en réalité celui-ci ne l’a ni acquis ni réceptionné.
Enfin, dans le salam, le vendeur assume véritablement les risques liés au contrat et à la fourniture future du bien. Dans de nombreux modèles de dropshipping, l’intermédiaire cherche surtout à encaisser la commande avant même d’avoir acquis la marchandise, ce qui conduit souvent à la vente d’un bien non possédé et non réceptionné.
Pour plus de détails sur la condition du qabdh (prise de possession) dans le bay‘ as-salam, vous pouvez consulter cette question : Numéro 13649
Et pour l’étude détaillée du bay‘ as-salam et de ses conditions, vous pouvez écouter ce cours à partir d’environ la 24ᵉ minute :
Toutefois, Allah ﷻ est Le plus savant.
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