Dévoilement involontaire de la nudité pendant la prière
Question :
As-Salam ‘alaykoum wa rahmatoullah wa barakatouh. Noble cheikh, qu’Allah soit bienfaisant envers vous et qu’IL bénisse vos efforts. Pourriez-vous répondre à ma question ci-dessous ? BarakAllahou fikoum :
Je ne trouvais pas ma pince à voile, donc j’ai pris des épingles à nourrice. je prie et dès que j’ai fini ma prière, j’ai vu mon voile qui faisait une sorte de pointes. Je n’avais pas de bonnet en dessous et quand je me suis regardais, j’ai vu qu’on voyait mes cheveux. Je voulais donc savoir si devais recommencer ou non ma prière ?
Résumé de la réponse :
Si la partie découverte était minime et de courte durée selon l’usage, alors la prière reste valide et il n’est pas nécessaire de la recommencer.
En revanche, si une grande partie des cheveux est restée découverte durant un temps long, alors la prière doit être refaite.
Ibn Qoudâmah رحمه الله explique dans Al-Moughni que les petites découvertes involontaires sont excusées, car il est difficile de s’en prémunir totalement, contrairement aux découvertes importantes et prolongées. Il mentionne également l’histoire de ‘Amr ibn Salamah رضي الله عنه dont une partie du corps se découvrait pendant la prière sans que cela ne soit reproché, ce qui montre la tolérance accordée aux cas minimes et involontaires.
Ainsi, puisque vous ne vous en êtes aperçue qu’après la prière, votre prière reste valide in cha Allah si la découverte était légère ou momentanée. Il convient toutefois de veiller avant la prière à bien fixer le voile afin d’éviter cela autant que possible.
Réponse :
Wa ‘alaykoum as-salām wa rahmatoullāh wa barakātouh,
Qu’Allah vous récompense pour votre question et pour votre souci d’accomplir votre prière correctement.
Concernant votre situation, il convient de distinguer entre deux cas :
– Si la partie des cheveux découverte était minime, selon ce qui est considéré comme tel dans l’usage et l’habitude des gens, alors la prière reste valide et il n’est pas demandé de la recommencer.
– En revanche, si la partie découverte était importante, et qu’elle est restée découverte pendant une grande partie de la prière ou durant un laps de temps considéré comme long selon l’usage, alors dans ce cas, il est demandé de recommencer la prière.
Dans votre situation, puisque vous n’avez constaté cela qu’après la prière et sans en avoir conscience durant celle-ci, votre prière est valide – in cha Allah – si la partie découverte était minime ou si cela n’a pas duré longtemps.
À ce sujet, Ibn Qoudâmah رحمه الله a dit dans Al-Moughni (1/414-415) :
« Si une petite partie de la nudité se découvre, la prière n’est pas annulée. C’est ce qu’a explicitement affirmé Ahmad, et c’est également l’avis d’Abou Hanîfa.
Ach-Châfi‘î a dit : elle est annulée, car c’est un jugement lié à la nudité, donc le peu et le beaucoup y sont équivalents, comme le regard.
Pour défendre notre opinion, il y a ce qu’a rapporté Abou Dâwoûd (n°585) , avec sa chaîne de transmission, d’après Ayyoub, d’après ‘Amr ibn Salamah Al-Jarmi a dit :
« Mon père partit en délégation auprès du Messager d’Allah ﷺ avec un groupe de son peuple. Il leur enseigna la prière et dit : “Que celui qui lit le mieux le Coran vous dirige.”
J’étais celui qui lisait le mieux parmi eux en raison de ce que j’avais mémorisé, ils me firent donc avancer. Je dirigeais alors la prière pour eux en portant un petit manteau léger jaune. Lorsque je me prosternai, il se relevait et découvrait une partie de moi.
Une femme parmi les femmes dit alors : “Couvrez-nous la nudité de votre lecteur.”
Ils m’achetèrent alors une tunique omanaise, et je ne me suis jamais réjoui d’une chose après l’Islam autant que je me suis réjoui de celle-ci.»
Abou Dâwoûd a rapporté aussi, ainsi que An-Nassâ’î de ‘Âssim al-Ahwal nous a rapporté, d’après ‘Amr ibn Salamah, Il a dit :
« Je dirigeais leur prière en portant un petit manteau léger rapiécé comportant une ouverture, et lorsque je me prosternai, mon postérieur apparaissait. »
Ce phénomène était connu et n’a jamais été blâmé ; ni le Prophète ﷺ ni aucun de ses compagnons ne l’ont désapprouvé. Puisque la prière reste valide même lorsqu’une grande partie est découverte en cas d’excuse, on distingue entre le peu et le beaucoup lorsqu’il n’y a pas d’excuse, par exemple en marchant. Comme il est difficile de se prémunir contre de petites découvertes, celles-ci sont tolérées.
Si cela est confirmé, le critère pour la “grande découverte” est ce qui est indécent à la vue ; il n’y a pas de distinction entre les parties génitales ou autres. Le “petit” est ce qui n’est pas indécent. La référence pour juger cela est l’usage et la coutume, sauf que pour la nudité majeure, ce qui serait indécent n’est pas forcément le cas pour la nudité mineure; cela est pris en compte pour déterminer si la prière est annulée.
Abou Hanîfa a dit : “Si la partie découverte de la nudité majeure (les deux parties) est de la taille d’un dirham, ou moins du quart dela partie de la nudité mineure, la prière n’est pas annulée. Si c’est plus, elle est annulée.”
Selon nous, la loi divine n’a pas fixé de mesure précise pour cela, donc on se réfère à l’usage et à la coutume, comme pour d’autres actes dans la prière, et les distinctions de quantité ou de précaution doivent être appréciées selon la raison, car il n’y a pas de preuve spécifique permettant de déterminer exactement la limite.
Si la nudité se découvre involontairement pendant la prière et est immédiatement recouverte, sans durer longtemps, la prière n’est pas annulée, car la courte durée est comparable à la brièveté d’un acte. Tamîmî a dit dans son livre : « Si la nudité apparaît un moment puis est couverte, il n’y a pas de nécessité de recommencer la prière , se basant sur le hadith d’‘Amr ibn Salamah.»
Il n’a pas conditionné que la partie découverte soit minime, il est pourtant nécessaire d’imposer cette condition, car une grande partie découvre une trop grande quantité de la nudité et il est possible de s’en prémunir, elle n’a donc pas été excusée, comme pour les grandes quantités dans d’autres actes.. »
Fin de citation.
Cela illustre l’importance de veiller à se couvrir correctement pendant la prière, tout en rappelant que de petites découvertes involontaires, lorsqu’elles sont minimes ou de courte durée, n’annulent pas la prière. Autrement dit, bien que la vigilance soit nécessaire, le cadre de la validité de la prière prend en compte les imprévus mineurs, conformément à l’usage et à la coutume rapportés par les savants.
Il convient donc de veiller avant la prière à bien fixer le voile et à s’assurer que l’ensemble des cheveux est correctement couvert afin d’éviter toute découverte durant la prière.
Qu’Allah accepte vos œuvres et vous accorde la réussite.
Toutefois, Allah ﷻ est Le plus savant.
Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Découvrez comment les données de vos commentaires sont traitées.
Nous utilisons des cookies et des technologies similaires pour améliorer votre expérience sur notre site web.

Laisser un commentaire