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Questions – réponses

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Famille, Femme & Société
Numéro:
13634
Vues : 21
Publié le : 29 mai 2026

Le droit de la mère et le droit de l’épouse

Question :

As-Salam ‘alaykoum wa rahmatoullah wa barakatouh. Noble cheikh, qu’Allah soit bienfaisant envers vous et qu’IL bénisse vos efforts. Pourriez-vous répondre à ma question ci-dessous ? BarakAllahou fikoum :

Quel droit prévaut pour le mari, celui de sa femme ou bien celui de sa mère. Doit-il toujours faire prévaloir la mère avant l’épouse et cela en toute chose et en toute situation ou bien cela va dépendre du contexte et du besoin que l’une ou l’autre a envers le mari ?

Résumé de la réponse :

Il ne faut pas opposer la mère et l’épouse, car chacune possède des droits reconnus en islam.

La mère a un immense droit dans le respect, la bienfaisance et la bonne compagnie, et sa place est très élevée.

L’épouse a quant à elle des droits obligatoires sur son mari : entretien financier, logement, bon comportement et justice conjugale.

Le mari doit donc donner à chacune son droit : honorer sa mère et lui obéir sans désobéir à Allah, et préserver les droits de son épouse sans injustice.

Il n’existe pas de règle absolue disant que l’une passe toujours avant l’autre ; chaque situation dépend des droits concernés et de la justice demandée.

Réponse :

Wa ‘alaykoum as-salām wa rahmatoullāh wa barakātouh,

Qu’Allah vous récompense pour votre question et vous accorde la compréhension juste de votre religion.

Votre question, telle qu’elle est formulée, laisse entendre une opposition entre le droit de la mère et celui de l’épouse. Or, en réalité, il n’y a pas lieu d’opposer ces deux droits, car chacun d’eux est établi par la législation islamique avec sa place et ses limites propres.

Premièrement : l’immense droit de la mère

Allah ﷻ a ordonné la bienfaisance envers les parents de manière générale, et a particulièrement insisté sur la mère :

وَوَصَّيْنَا الْإِنسَانَ بِوَالِدَيْهِ حُسْنًا
(Sourate Al-‘Ankaboût, verset 8)

{ Et Nous avons enjoint à l’homme de bien traiter ses père et mère.}

Et Il dit également :

وَقَضَىٰ رَبُّكَ أَلَّا تَعْبُدُوا إِلَّا إِيَّاهُ وَبِالْوَالِدَيْنِ إِحْسَانًا
(Sourate Al-Issrâ, verset 23)

{ Ton Seigneur a décrété : n’adorez que Lui et (marquez) de la bonté envers les père et mère.}

Et concernant la priorité de la mère dans la bonne compagnie, il est rapporté d’après Abou Hourayrah رضي الله عنه :

قال رجل: يا رسول الله، من أحق الناس بحسن صحابتي؟ قال: “أمك” قال: ثم من؟ قال: “أمك” قال: ثم من؟ قال: “أمك” قال: ثم من؟ قال: “أبوك ”

{ Un homme dit : « Ô Messager d’Allah, qui est le plus en droit de bénéficier de ma bonne compagnie ? »
Il répondit : « Ta mère. »
Il dit : « Puis qui ? »
Il répondit : « Ta mère. »
Il dit : « Puis qui ? »
Il répondit : « Ta mère. »
Il dit : « Puis qui ? »
Il répondit : « Ton père. »
} Al-Boukhârî n°5971 et Mouslim n°2548

Cela montre la grandeur du droit de la mère en matière de respect, de compagnie et de bienfaisance.

Deuxièmement : les droits de l’épouse

L’épouse possède également des droits obligatoires que le mari doit impérativement respecter, parmi lesquels la dépense, le logement et le bon comportement.

Allah ﷻ dit :

وَعَاشِرُوهُنَّ بِالْمَعْرُوفِ
(Sourate An-Nissâ, verset 19)

{ Et comportez-vous convenablement envers elles.}

Et Il dit :

لِيُنفِقْ ذُو سَعَةٍ مِن سَعَتِهِ
(Sourate At-Talâq, verset 7)

{ Que celui qui est aisé dépense selon sa capacité.}

Le Prophète ﷺ a dit :

كلكم راعٍ وكلكم مسؤول عن رعيته… والرجل راعٍ في أهله وهو مسؤول عن رعيته

{ Chacun de vous est un berger et chacun de vous est responsable de son troupeau… L’homme est un berger dans sa famille et il en est responsable.} Al-Boukhârî n°893 et Mouslim n°1829

Ainsi, il est obligatoire pour le mari d’assurer les droits de son épouse, même si celle-ci est riche.

Troisièmement : Il est important de comprendre une distinction essentielle :
– Le mari a une obligation financière et conjugale envers son épouse (dépense, logement, intimité, etc.), même si elle est riche.
– En revanche, il n’est tenu de subvenir financièrement à sa mère que si elle est dans le besoin.

Cependant :
– Il a un devoir d’obéissance et de bienfaisance envers sa mère, dans ce qui est licite.
– Il n’a pas d’obligation d’obéir à son épouse.

Mais cette obéissance à la mère est conditionnée par la législation :

قال النبي ﷺ : لا طاعة في معصية الله

{ Il n’y a pas d’obéissance à une créature dans la désobéissance au Créateur.} Ahmad n°19824

Ainsi, si la mère ordonne une injustice envers l’épouse (comme la priver de ses droits), il n’est pas permis de lui obéir dans cela.

Quatrièmement : il n’y a pas d’opposition mais une organisation.

Il ne convient donc pas de dire : « qui passe avant l’autre ? » de manière absolue.

La réalité est que :
– La mère a priorité dans la bienfaisance, le respect et la compagnie
– L’épouse a priorité dans ses droits conjugaux obligatoires

Et l’homme doit faire preuve de justice, de sagesse et d’équilibre.

Allah ﷻ dit :

إِنَّ اللَّهَ يَأْمُرُ بِالْعَدْلِ وَالإِحْسَانِ
(Sourate An-Nahl, verset 90)

{ Certes, Allah ordonne la justice et la bienfaisance.}

Le mari doit donc organiser son temps, ses efforts et ses biens afin de donner à chacune son droit, sans injustice, ni négligence.

Il n’y a donc pas de règle générale et absolue faisant toujours passer la mère avant l’épouse ou inversement dans toutes les situations.

Chaque situation doit être jugée selon les droits impliqués، les besoins réels et les limites fixées par la législation.

Le croyant avisé est celui qui donne à chacun son droit sans transgression, en recherchant la satisfaction d’Allah ﷻ.

Toutefois, Allah ﷻ est Le plus savant.

Source : www.dourous-sounnah.com

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